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La période révolutionnaire

La Russie, depuis le début du siècle, connaît de nombreux mouvements sociaux. La première conséquence de ceux-ci est la création de la Douma, intervenant à la suite des événements tragiques de 1905. Mais, malgré ce changement institutionnel qui implique une nouvelle répartition du pouvoir, le tsar cherche à conserver son autorité, en n'épaulant pas la politique de la Douma. Le but de Nicolas II est d'avoir une Douma docile et obéissante, fidèle au régime autocratique hérité de ses ancêtres.
Cette attitude n'améliore en rien les conditions de vie de la population. Celle-ci, en majorité paysanne (soit 85 % de la population), vit dans une extrême pauvreté, et est complètement analphabète. Le mécontentement de la population augmente de jour en jour, et dès 1906, l'on pouvait compter un million de grévistes.
A cette époque la Russie du tsar est la dernière puissance occidentale, son économie ressemble à celle du tiers monde d'aujourd'hui. Les victoires remportées par l'armée au début de la première guerre mondiale, raffermissent quelque peu le trône. Mais le bouillonnement populaire croit et conduit à la révolution de février 1917. Cette dernière débuta par des manifestations, comme il y en eut tant à cette époque. Celle-ci commence par la fête des femmes ouvrières, puis est succédée le jour suivant par les chômeurs qui se joignent aux femmes. Le troisième jour, les bolchéviks de Vyborg se joignent au mouvement, et c'est alors qu'intervient la police, sur ordre du tsar, qui ordonne de faire cesser le désordre.
Dans la nuit du 26 au 27 février, les soldats se mutinent, et se rangent du côté des révolutionnaires. Si les soldats se mutinent et se rangent du côté des révolutionnaires, ceci tient au fait qu'à l'époque tsariste, les soldats se virent imposer par leurs sous officiers une discipline souvent humiliante. De plus, ces derniers, comme le reste de la population, ne voulaient plus continuer la guerre, chose que leur promettait les mouvements politiques révolutionnaires. L'on pourrait alors croire que tout revient dans l'ordre, mais il n'en est rien.
Le pays reste dans le chaos le plus complet, et les hommes politiques se disputent le pouvoir. On entre peu à peu dans la phase de double pouvoir, entre le gouvernement de Kerenski et la Douma, ou le premier mène une politique en désaccord avec la seconde. Ainsi, le gouvernement de Kerenski continue la guerre, alors que la Douma s'y oppose, et ira jusqu'à pactiser avec le général Kornilov pour se maintenir au pouvoir. Cette période ne fait donc qu'empirer les choses, d'autant que cette phase de double pouvoir rebondit de la Douma vers les soviets. Les slogans scandés dans les rues sont à cette époque sans équivoque : le pouvoir aux soviets.
La révolution de février a amené la formation de divers organes de défense dans le pays. Ainsi, on trouve les comités de quartier, devant assurer la défense de la ville et organiser une nouvelle vie, en organisant des crèches, des cantines, en réquisitionnant des logements. Mais cette dernière activité prit le pas sur les actions de défense. Malgré tout, les comités de quartier contribuèrent à la défense de la capitale lors du putsch de Kornilov. La garde rouge se crée également à ce moment. Celle-ci répond aux même exigences que les comités de quartier, devant faire face aux milices gouvernementales ou municipales.
Ces gardes rouges ont bénéficié de l'appui des bolcheviks jusqu'à la création de l'armée rouge, à laquelle ils participent. Quant à l'armée, l'instabilité politique n'arrange guère les choses. De plus, Kerenski et son gouvernement ne veulent arrêter la guerre. Ainsi, "dans les garnisons oisives des deux capitales et des villes de province, la discipline militaire naturellement s'affaiblit. Tout le service de garnison à l'arrière se trouve plus ou moins désorganisé ; il n'y avait pour ainsi dire plus d'exercice ; les corvées restaient souvent inaccomplies ; on ne voyait guère de sentinelles. Par ailleurs, des masses de déserteurs apparurent au front comme à l'arrière ". Le mois de septembre ne voit aucune embellie, avec le putsch manqué de Kornilov, avec lequel s'était compromis Kerenski.
Dans la même période, on trouve la création d'un comité révolutionnaire ayant pour objet de préparer un soulèvement armé. Trotsky est le président de ce soviet, et charge Lazimir, un jeune SR de gauche, de préparer le projet. Puis, on le mit à sa tête, aidé par trois adjoints bolcheviks. Mais, Lazimir perd bientôt l'apparence même de son pouvoir, et son nom finit même par disparaître des tablettes. Les temps sont de plus en plus propices aux bolcheviks, qui écoutent le mécontentement de la population, des soldats, et préparent alors l'insurrection d'octobre. Tout comme en février, la révolution d'octobre ne marque pas de trêve.
En novembre 1917 " la formation du "comité pour le salut du pays et de la révolution" entraîne un certain flottement dans la garnison.". Le 11 novembre 1917 commence une guerre civile, alors que le pays est toujours en guerre contre l'Allemagne. Mais, " L'armée n'obéit par encore au Sovnarkom (Conseil des Commissaires du Peuple)", et qui plus est, elle ne veut plus combattre. La première guerre mondiale prit fin le 3 mars 1918, mais les hostilités ne prirent fin pour autant, puisque la Russie fait encore l'objet d'attaques de la part des Anglais et des Français, de l'Armée Blanche et des Japonais. Un autre souci pèse encore aux yeux des dirigeants.
En effet, il faut à cette époque sauvegarder la révolution, ce qui exigeait des mesures urgentes, d'où la création de la Tchéka. Ce service de sécurité de l'Etat était chargé de lutter contre les menées contre révolutionnaires, que Lénine considéra comme "bras de fer de la révolution". Les hostilités, entre les Russes et les troupes Anglo-Françaises ne s'arrêteront qu'en 1921 avec la paix de Riga. Quand a la guerre civile, elle ne s'achèvera que fin 1920. De multiples insurrections sont tentées, et le succès de la révolution russe ne deviendra une réalité qu'en 1922. C'est alors que la Nouvelle Economie Politique (NEP) commencera, afin de relancer l'économie du pays, comparable en ce temps au tiers monde que nous connaissons actuellement.